A qui est ce trou ?

Lors d’une promenade dans la forêt des Hares, dans les Pyrénées ariégeoises, un temps chagrin maintenait les insectes bien cachés. Je décidai donc d’aller les chercher sous des écorces. Je jetai alors mon dévolu sur une bille de résineux qui gisait au bord de la piste. Sous le premier pan d’écorce, peu de vie mais des trous bien circulaires d’environ un centimètre de diamètre, légèrement intrigants. Sous le deuxième morceau d’écorce, un nouveau trou, plein cette fois.

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De qui peut-il bien s’agir ?

En plein mois d’août quel peut être ce mystérieux habitant et que fait-il dans ce trou ? Quelques éclats de bois plus tard, une tête apparaît, munie d’antennes, mais bien malin qui peut dire à qui elle appartient, et même à quel ordre d’insecte.

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Une fois dégagée, la voici toute pataude. Elle ? Oui, c’est une femelle, mais de quoi ?

Une paire de longues antennes, deux paires d’ailes membraneuses, trois paires de pattes, une coloration jaune et noire qui rappelle les guêpes : on serait tenté de parler d’un proche parent. Toutefois une vue de profil ne permet pas de distinguer la fameuse taille de guêpe (voir pour comparaison la cerceris par exemple). En effet, si nous avons bien affaire à un hyménoptère, cette absence d’étranglement caractérise les Symphytes par rapport aux Apocrites.

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La voici sur ma main, pour l’échelle, encore engourdie

On distingue à l’arrière de son abdomen, un long fourreau noir (la « tarière ») qui prolonge la bête et lui donne un air menaçant, amplifié par les couleurs noir et jaune. Aucun danger toutefois, nulle piqûre n’est à craindre.

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On distingue bien ici le long fourreau noir

On voit sur la photo suivante, d’une autre femelle, fécondée cette fois-ci, ce que protège le fourreau. Ce moment de ponte permet de photographier en toute tranquillité et sous toutes les coutures la future mère, en effet la tarière plantée dans le bois empêche toute fuite précipitée. Grâce à cet objet vulnérant, la femelle peut aller déposer ses œufs, en forant un trou dans le bois, où les larves se développeront.

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Cette nécessité de pondre dans du bois de résineux rend l’observation de la femelle fréquente, notamment à proximité des tas de bois laissés par les bûcherons. En revanche je n’ai jamais eu l’opportunité de croiser Monsieur…

En guise de conclusion, le nom de la bestiole peut être révélé : il s’agit du Sirex géant, Urocerus gigas pour les intimes.

1 Comment So Far

Océane says:

Chouette La sirex géante =p


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