La vie dans les trous

 

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Un petit Coléoptère Cleridae, pris en flagrant délit d’exploration

L’idée selon laquelle les arbres sont l’une des principales richesses de notre planète commence à faire son trou, du moins pour les arbres vivants! En revanche l’idée selon laquelle les arbres morts sont tout aussi précieux pour la biodiversité a encore du chemin à faire… Pourtant sur le Saule on ne se lasse pas d’insister sur ce point ! Les arbres morts servent de nourriture à de nombreuses espèces de champignons qui se livrent à une lutte sans merci pour le contrôle de cette ressource. L’espace compris entre le bois et l’écorce abrite à lui seul un véritable écosystème miniature en deux dimensions. Le bois pourri fait aussi office de crèche pour bon nombres d’insectes qui y déposent leur larve. Aujourd’hui nous voudrions vous présenter une fois encore une autre facette des arbres morts. Nous vous proposons de découvrir de petits insectes qui comme le poinçonneur des lilas ont fait des trous une vocation !

On peut ainsi voir sur la première photo, un couple de Coléoptères de la famille des Anobiidae à coté de trous qu’ils ont creusés.

Un rapide aparté permet de souligner la différence qu’il existe entre monsieur et madame. Le premier présente des antennes qui rappellent des peignes, tandis que la seconde est beaucoup plus discrète. On note toutefois que la femelle présente une stature plus imposante, avec une largeur et une taille supérieures.

Une fois ces considérations effectuées, revenons à nos Anobiidae. Ces insectes utilisent leurs mandibules pour creuser des trous, que ça soit en forêt ou dans un meuble. Il se trouve que leur forme cylindrique permet d’optimiser le forage de ces trous, aucun obstacle ne dépassant une fois la tête et le thorax passés.

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Ptilinus pectinicornis, un Coléoptère Anobiidae, qui fore des trous circulaires dans le bois (5mm)

Une fois le travail de ces ingénieurs réalisé, ces trous permettent une circulation d’eau et un entrée de champignons et autres organismes qui vont venir dégrader le bois. Cela va alors fournir de la nourriture pour de nombreuses autres espèces, qui vont venir manger les moisissures ou le bois. Parmi celles ci on retrouve un petit ténébrion:

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 Corticeus fasciatus, un Coléoptère Tenebrionidae détritivore (3,5mm)

Il est amusant de noter que cette espèce présente une forme très similaire à celle du foreur. Cela lui permet de se glisser à la suite sans avoir à retailler le tunnel.

L’étape suivante est donc de trouver des prédateurs pour ces insectes. On peut ainsi rencontrer différents êtres vivants à mandibules développées capable de grignoter les autres si d’aventure ils les croisaient. Il s’agit par exemple du Teredus:

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Teredus cylindricus, un Coléoptère Bothrideridae prédateur (5mm)

On retrouve à nouveau la forme cylindrique nécessaire pour profiter des trous.

Le Denops, un clairon, apparait également profilé pour partir à la chasse dans ces tunnels. Il semble rôder autour d’un trou:

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Denops albofasciatus, un Coléoptère Cleridae prédateur (5mm)

On le voit également pris en flagrant délit d’exploration, sur la première photo de cet article.

Ces quelques photos permettent à nouveau de mettre en évidence une convergence morphologique entre différentes espèces colonisant un même habitat. La forme cylindrique semble la plus adaptée pour se déplacer au sein d’un morceau de bois.

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