Posts for Tag : Chants

Chanteur du dimanche  0

Voici l’étourneau sansonnet dans toute sa splendeur: admirez le plumage et le ramage!

Sacré ventriloque n’est-ce pas? On a peine à croire qu’il est l’auteur des sons en début de vidéo. En fait, on distingue également des cris de choucas, et des pépiements (de mésange?) qui ne sont probablement pas de son fait… Quoique les étourneaux soient de redoutables imitateurs! Des chercheurs ont estimé qu’un seul et même mâle d’étourneau incorpore en moyenne 18 éléments imités d’autres espèces d’oiseaux. Ces éléments et les espèces imitées varient selon les individus, et notamment il peut y avoir instauration de « dialectes » locaux: les voisins ont tendance à partager les mêmes éléments. Ainsi les espèces d’oiseaux européennes souvent imitées par les étourneaux, telles que la buse variable ou le loriot d’Europe, ont désormais totalement disparu du répertoire des étourneaux qui ont colonisé la Nouvelle Zélande il y a plusieurs décennies.

img_8919

Une tourterelle vient trouver sa place au sein d’une bande d’étourneaux

Pour ce qui est de chanter le bec fermé, la prouesse n’est finalement pas si surprenante: vous-même pouvez produire des marmonnements élaborés la bouche fermée, tant que l’air peut encore sortir par vos narines (essayez en vous bouchant le nez, pour voir). Les pigeons et les colombes vocalisent presque exclusivement le bec fermé, et même les narines fermées: ils évacuent le flux d’air dans des sacs aériens internes. Pourtant ce n’est pas le cas de la plupart des oiseaux chanteurs, qu’on perçoit plutôt comme s’égosillant le bec grand ouvert du haut des rameaux (de là vient le mot « ramage » employé par La Fontaine d’ailleurs)! En fait le degré d’ouverture du bec est un paramètre assez important, et chez certaines espèces les individus en jouent pour varier la fréquence de leur chant (le mécanisme exact fait encore débat). Des rois de la créativité!

Impossible de louper les étourneaux l’hiver: ils sont en bandes, parfois larges, ils vocalisent de façon anarchique, et sont tout mouchetés de blanc!

Le chant des oiseaux est produit par le syrinx, un système de muscles et de membranes situé au niveau de la bifurcation des 2 bronches. L’oiseau peut ainsi émettre deux sons indépendamment l’un de l’autre, par chacune des bronches. Enfin en théorie, car en pratique certaines espèces en font peu usage. Les étourneaux sont quant à eux passés maîtres en la matière. Ils peuvent de cette manière enchaîner des notes à la tonalité ou fréquence très variées, voire même les superposer simultanément (allez visualiser le sonogramme ici pour vous en convaincre)! Chaque individu a sa gamme de motifs propres, certains empruntés à d’autres espèces comme on l’a vu, dans laquelle piocher pour chanter. Or un même individu va aussi varier l’enchaînement des différents motifs… Ils ont ainsi l’un des chants les plus complexes dans notre région. S’il n’est pas des plus mélodiques, il est toujours très surprenant! Et même si je soupçonne la bande d’étourneaux qui traîne par chez moi de nous avoir dépossédé de l’intégralité de nos cerises cette année, ils m’arrachent un sourire à chaque fois que je les entends!

img_8904

 

La piafologie des yeux fermés (I)  3

Une forêt de Chartreuse, en hiver

Une forêt de Chartreuse, en hiver.

Il est cinq heures du matin. Enfin je crois, parce que cela fait deux fois que j’éteins mon réveil qui sonne désespérément dans le vide. Je fais quelques pas dans le brouillard jusqu’à la cafetière, puis encore quelques-uns dans le noir jusqu’à ma voiture. Direction: un sommet de Chartreuse dont le choix occupera mes pensées jusqu’à l’arrivée au parking. Arrivé sur place, quelques rayons de lumière commencent à percer et me permettent de m’équiper. Je commence à peine à émerger, mais tout le monde est déjà en place pour le concert.

Commençons à monter le chemin, large, boueux et irrégulier, en regardant mes pieds et les pierres sur lesquelles je les pose. Certains comparent l’expérience de la marche en forêt à celle de marcher dans le brouillard. La perception est réduite et il est impossible de voir bien plus loin que les quelques arbres devant vous. Hormis l’ouïe, rien ne permet de percevoir à distance.

En bas dans la forêt, un pic noir lance son cri. Quelques mésanges piaillent et chantent dans les jeunes sapins en bordure de chemin. Tout deux commencent leur période de reproduction. Nous sommes en mars. L’année passée, le peu de neige aurait pu avancer cette date à février. Quelques cris de chocards sont poussés et signalent une falaise proche quoiqu’invisible.

Pic noir sur fond de mésange, noires également.

Read more